Le quartier des Sablons
Où est-ce ?
Dans notre ville, la « Porte Sud » s'est transformée en cité-dortoir de standing sans commerces, sans place pour les jeunes, ni espaces de rencontres. Il s'agit du quartier sud-ouest de Châtillon, à gauche et à droite de la D.906 (ex N.306), lorsque l'on monte la côte vers le Petit-Clamart, avec à gauche l'ONERA et le parc André Malraux, à droite l'école des Sablons.
Historique
En 1984 le maire présentait aux habitants un projet de ville global ("Châtillon Informations" n°8 de novembre 1984). Il prévoyait pour le quartier des Sablons la création d'un vaste parc de part et d'autre de la D.906. Le Maire sortant s'enorgueillissait alors de la constitution d'un véritable "poumon vert" à la Porte Sud de Châtillon !
18 ans après, le quartier est guetté par l'embolie pulmonaire ! Le lobe occidental a quasiment disparu. Quant au lobe oriental, il a été réduit à un long corridor entre des immeubles. Dans sa partie médiane, il atteint royalement 30m de large !
L'école de Galvents-Sablons, la passerelle
À gauche, le quartier s'appelle « les Sablons ». De l'autre côté de la D.906, à droite donc en allant vers le Petit-Clamart, le quartier s'appelle « les Galvents ». Les Galvents ? Là où se trouve l'école des Sablons ??? Eh oui, écoutez cette petite histoire... Vers 1990, les Galvents sont une friche et les Sablons se construisent avenue de la Division Leclerc, en partant du haut, où se trouve la chapelle Sainte-Thérèse : des immeubles d'habitation, aucun commerce, aucune infrastructure. Une école en préfabriqué est provisoirement installée un peu plus bas que le parking de l'ONERA. Le maire, imprévoyant ou volontairement affairiste, ne préempte pas les terrains qui permettraient l'implémentation définitive d'une école. Qu'à cela ne tienne, il suffit de construire l'école dans la friche en face, les Galvents, et de rebaptiser les Galvents en appelant ce nouveau quartier les Sablons. Ainsi, il y a bien une école aux Sablons, de quoi vous plaignez-vous ? Pour faire passer la pilule du trajet impossible imposé aux parents pour emmener leurs enfants à l'école, le maire promet une passerelle pour passer facilement des Sablons 1 aux Sablons 2. Pour aider également les promoteurs des Sablons 1 à vendre leurs appartements malgré l'aménagement anarchique du quartier. La passerelle tombe ensuite aux oubliettes : impossible à installer, impossible à construire, trop chère, désolé... Heureusement, les élections arrivent ! Au cours de la saga de l'aménagement de la ZAC des Sablons, la passerelle renaît de ses cendres... plus de dix ans après ! Installée en hâte une nuit dans la semaine précédent les élections municipales de mars 2001, cette passerelle n'est toujours pas utilisable en juin.
La ZAC des Sablons
En 1987, le maire a créé une ZAC, dite des Sablons, qui devait accueillir environ 800 logements avec des bureaux et services. Aujourd'hui, le maire veut supprimer les derniers espaces verts non exploités du quartier pour la construction de 4 immeubles de logements (6 étages) : aucun nouveau bureau, pas de nouvelles infrastructures, 1 300 logements au lieu de 800. La rotation de population et de véhicules que devait permettre l'association des logements et bureau n'est plus possible.
Le 3 février 2000, le maire a tenté de faire accepter son projet en réunion publique (il fallait bien faire passer la construction de 4 immeubles...). Le maire n'avait en tête que le nombre de m2 logement+bureau, mais avait déjà dépassé la surface autorisée en logements ! Ce sont les habitants du quartier qui ont dû lui rappeler qu'il n'était pas conforme au PAZ de faire passer des surfaces de bureaux en surfaces de logements... Le maire s'est vu contraint d'enclencher une procédure de modification du Plan d'Aménagement de la Zone (PAZ). Il est cocasse de constater que plus tard, le maire fait passer cette réunion publique comme étant dans le cadre de la concertation concernant la modification du PAZ (à ce moment, il ne savait même pas que c'était nécessaire !).
Après cette réunion, 2 associations de quartier ont été créées.
Une concertation de pure forme
Lors de l'enquête publique, une pétition contenant 210 signatures de personnes défavorables au projet de modification du PAZ a été déposée et les associations se sont déclarées contre le projet. Seulement une vingtaine de Châtillonnais (13 d'entre eux n'habitant pas la ZAC) ont écrit être favorables à la modification. Néanmoins, comptant les observations des associations au même titre que celle d'une personne seule, le commissaire a conclu à une "des observations très majoritairement favorables au projet de modification du PAZ sur le fait que le bilan définitif fera ressortir une minoration dans la surface bâtie".
Ce rapport du commissaire-enquêteur a permis au Conseil Municipal du 20 décembre 2000 d'"adopter" la modification du PAZ. En janvier-février 2001, les associations de quartier avaient fait savoir à la sous-préfecture qu'elles avaient été très surprises par cette modification tant sur le fond que sur la manière dont l'avis de la population avait été rapporté par le commissaire-enquêteur. Le 19 février 2001, les associations de quartier ont déposé des recours en justice.
Une lettre, envoyée fin mars par la sous-préfecture, informait l'association du Quartier des Sablons que M. le Sous-Préfet avait adressé à M. le Maire de Châtillon un courrier, daté du 19 février, pour lui demander de retirer la délibération du 20 décembre 2000 relative à l'approbation du PAZ, afin de le réapprouver selon les dispositions conformes à la réglementation. Ce qui a été fait lors du conseil municipal du 30 mai 2001.
Conseil municipal du 30 mai 2001 : reprise la délibération du 20 décembre 2000
Le point n°14 de l'ordre du jour du conseil municipal du 30 mai 2001 est une reprise de la délibération du 20 décembre 2000 (Approbation du PAZ de la ZAC des Sablons). Cette reprise a été demandée par le sous-préfet d'Antony. La lettre du sous-préfet nous a été lue en scéance, mais nous attendons toujours la copie écrite... Au point n°14 de l'ordre du jour du conseil municipal, il y avait d'autres observations que celles de "pure forme" mentionnées dans le Châtillon-Informations de juin 2001 (page 7). En effet, le sous-préfet estime l'avis du commissaire enquêteur insuffisamment motivé, au vu de l'inquiétude des habitants du quartier face à la dégradation de leur cadre de vie.
Geneviève Chambonnet, du groupe Les Verts - Châtillon Écologie a fait une déclaration au conseil, que vous trouverez ci-dessous. Aujourd'hui, il ne reste plus aux associations de quartier qu'à poursuivre leur action en justice... C'est-à-dire qu'à Châtillon, pour défendre le bon sens quant à l'aménagement d'un quartier et la qualité de vie, il faut avoir recours à la justice ?
À noter que le point n°5 du même conseil municipal concerne une liste impressionnante de décisions modificatives au budget tout juste voté (par la majorité) au conseil précédent, dont un doublement des frais d'actes et de contentieux...
Déclaration de Geneviève Chambonnet, du groupe Les Verts - Châtillon Écologie
Lors du conseil municipal du 30 mai 2001, le maire nous demande de revoter l'approbation du PAZ...
«
Afin de pouvoir voter en toute connaissance de cause, je vous demande de bien vouloir lire la lettre du 19 février que la Sous-Préfecture vous a adressée et qui contient les observations que vous mentionnez.
D'après mes informations, vous n'avez pas relevé une remarque importante du Sous-Préfet qui estime que pour une telle modification une procédure de modification du dossier de création de la ZAC aurait due être suivie et non une simple modification du PAZ. Une modification du dossier de création tient compte de l'avis du public plus tôt dans la procédure et non pas une fois que tout est décidé comme cela s'est produit. De plus, il est à noter que l'avis du public a été rendu de façon très partiale par le commissaire-enquêteur, qui a estimé que le public était majoritairement favorable au projet. Sans compter la pétition défavorable au projet signée par 210 personnes, il faut savoir que sur les 34 observations écrites sur les registres, 3 émanaient d'associations au nom de leurs 60 adhérents, néanmoins ces 3 observations ont compté au même titre que celles d'une personne seule. 19 observations étaient favorables au projet mais parmi ces 19 personnes, 14 n’habitent pas le quartier. De plus elles ont utilisé toutes les mêmes termes pour approuver le projet : « motivations vérifiables », « j’habite Châtillon et je m’y plais », « modification parfaitement judicieuse », « ajustements réglementaires ». Il semble difficile de croire à la spontanéité d'observations de ce type par des gens qui n'habitent pas le quartier. Cette façon de rendre compte de l'avis du public peut avoir inspiré les remarques de la Sous-Préfecture quant aux motivations du commissaire-enquêteur.
Pour en revenir au problème de fond, sur l'ampleur de la modification, il faut se rappeler :
- Qu'à l'origine et même après la modification de 92, la ZAC avait pour objectif de présenter un certain équilibre en bureaux et logements. En m2 de SHON constructibles (42% bureaux, 58% logements), le nombre de logements prévus était d'environ 800 et les équipements publics prévus alors correspondront à ceux d'aujourd'hui quand la passerelle sera enfin utilisable.
- Il est évident pour tous que les employés et les habitants n'ont pas les mêmes besoins en équipements publics et n'occupent pas le site au même moment.
- La modification prévue doit conduire à un nouvel objectif de 11% de bureaux et 89% de logements. On peut dire que l'équilibre de départ a disparu.
- Mais il faut surtout constater que les 800 logements initiaux (950 en comptant la Savoie) vont au final devenir 1 300. En m2 de SHON, l'augmentation est peu moindre les 7 0000 m2 initiaux (79 000 avec la Savoie) deviendront 102 000 m2. Ainsi de nombreuses familles vivent dans des petites surfaces. Le fait de vivre dans de petites surfaces rend le besoin d'équipements collectifs encore plus grand. Or, il n'est question que d'augmenter le nombre de logements, les équipements collectifs d'après la SEMARCH eux sont tout à fait suffisants.
- Dans certains quartiers de Châtillon, en dix ans, il est possible d'augmenter de plus de 34% le nombre de logements, quand Châtillon connaît déjà une augmentation de population bien supérieure à la moyenne du département. Sans que cela pose le moindre problème pour les équipements publics.
- Ainsi les problèmes de garde d'enfants que les jeunes parents du quartier connaissent sont ignorés car nous sommes la 2è ville du département en nombre de berceaux. Malheureusement le département n'est pas un exemple et le renouvellement de la population fait que le nombre d'assistantes maternelles est insuffisant.
- Pour les nouveaux élèves, l'école des Sablons pourra être réaménagée et accueillir 2 classes supplémentaires. Après Joliot-Curie, un deuxième grand groupe scolaire sera créé, tant pis pour les parents qui pensent que ce choix est contraire aux intérêts des enfants.
- Le Collège Alain-Fournier n'acueillera plus d'enfants de Châtillon dès la prochaine rentrée et le Collège George Sand est saturé, mais la passerelle enfin terminée permettra d'accueillir tous les collégiens à Paul Eluard où il n'y a malheureusement pas d'équipement sportif. Le collège Paul Eluard devra aussi accueillir les collégiens de la Porte Nord, tout cela sans aucun problème d'après la SEMARCH.
- Sérieusement peut-on vraiment penser qu'il est possible d'augmenter ainsi le nombre d'habitations, sans conséquence sur les équipements publiques ? Sans qu'à terme il faille d'une façon ou d'une autre payer ces équipements. N'aurait il pas été préférable d'alléger les effectifs de l'Ecole Gambetta, qui a une cour ridicule et qui lors du dernier changement de secteur a récupéré une partie des enfants de l'Ecole des Sablons. N'aurait-il pas été préférable de trouver une solution au problème de garde d'enfants. Le Collège Paul Eluard suffira-t-il pour accueillir tous les futurs nouveaux collégiens de Châtillon ? Doit-il être lui-aussi saturé ? Peut-on penser sérieusement que les 220 nouveaux grands logements n'aggraveront pas les problèmes existants ? Seuls les couples sans enfants, les célibataires et les retraités seraient intéressés par ces programmes ?
Parmi ces problèmes le manque de terrains de jeux et l'absence d'équipements pour les adolescents devient évident. Le stade, l'espace Maison Blanche, la piscine, le Centre Guynemer sont à l'autre bout de Châtillon. Le gymnase des Sablons offre peu d'activités pour eux. Les jeux du Parc André Malraux sont prévus pour les enfants en-dessous de 8 ans. L'espace propice aux jeux de ballons (sous la cascade) est déjà trop petit et l'accès piétons de la MAPAD est prévu à cet endroit du Parc. A moins de parents irresponsables, la cohabitation avec les personnes âgées sur cet espace se fera au détriment des jeunes. Avec la surdensification, les problèmes de cohabitation seront renforcés. La plupart des parents du quartier trouvent indispensable une aire de jeux pour les ballons ainsi qu'un espace patinette ou skate, que les enfants pratiquent actuellement dans les rues du quartier qui sont particulièrement dangereuses. Vous nous proposez à la place une augmentation du nombre de logements et donc du nombre d'enfants ayant besoin de cet espace qui ne pourra plus exister car tous les terrains disponibles auront été construits. C'est inadmissible pour les parents du quartier : nous ne tenons pas à élever nos enfants devant la télé ou une play-station.
Enfin, la construction d'une barrière de 4 immeubles en R+6 ou 7 le long de la D.906 sera d'une part totalement inesthétique et renverra de plus le bruit par réflexion sur les immeubles du versant est, comme l'ont déjà fait les 2 premiers immeubles. Je demande à tous les conseillers de se projeter dans le futur et de s'imaginer à l'entrée Sud de Châtillon devant ce mur de béton, pourrez-vous à chaque fois vous dire "j'ai voté pour ça ?".
Pour résumer, il apparaît que la Sous-Préfecture n'est pas en accord avec cette procédure, que l'avis de la population n'a pas été vraiment pris en compte, que ce projet conduit à un apport considérable de population en déséquilibre avec les équipements publics existants. En conséquence, nous demeurons en désaccord avec ce projet de modification du PAZ et demandons à tous les conseillers municipaux de saisir l'occasion offerte par l'intervention de la Sous-Préfecture de revoir ce projet.
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La majorité au conseil a évidemment réapprouvé le PAZ de la ZAC des Sablons... L'opposition a voté contre.