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Enquête d'utilité publique Tramway Châtillon - Vélizy - Viroflay

Jérôme Desquilbet, conseiller Municipal de Châtillon,
le 18 février 2005

Cette enquête a pour but d'aider monsieur le Préfet à argumenter une éventuelle déclaration d'utilité publique du projet. Messieurs les commissaires enquêteurs disent en réunion publique et lorsqu'ils sont présents sur les lieux de l'enquête que le sujet de cette déclaration sera bien le tramway et non pas l'aménagement de la voirie qui lui est du ressort d'une discussion entre les maîtres d'ouvrages concernés, à savoir le Conseil général du 92 pour Châtillon, et les élus.

Il est cependant évident que le projet est un tout. Comme l'ont dit les représentants de la RATP en réunion publique, « Ce projet n'est pas seulement un projet de transport, mais un projet urbain. » Par ailleurs, l'enquête sur les expropriations n'est pas liée au tramway lui-même, qui à Châtillon roulera au milieu d'une chaussée existante, mais bien liée à l'aménagement et notamment l'élargissement de la D.906 à 30 mètres.

Sur Châtillon, le rapport de l'enquête préalable de juin 2001 comporte cet alinéa : « le gabarit de la route départementale 906 : deux files de circulation doivent
suffire pour la plupart des intervenants. » Les remarques de l'enquête préalable n'ont pas du tout été prises en compte, contrairement aux affirmations de madame Chevrant-Breton en réunion publique. Aujourd'hui, à Châtillon, c'est bien un projet qui laisse plus de place à la voiture qu'aujourd'hui qui est proposé : de deux fois deux voies partagées par les bus (qui ont leur voie réservée aux heures de pointe), on passe à deux fois deux voies exclusivement dédiées aux voitures.

Or, tout projet de transport en commun doit bien s'inscrire dans une politique globale de réduction du trafic automobile. Si ce n'est pas le cas, l'utilité publique du projet s'en trouve tout à fait amoindrie. Avant-hier, le protocole de Kyoto est entré officiellement en vigueur. Le 5 mai 2004, un rapport de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale sur l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique pointe la pollution atmosphérique urbaine, liée en grande partie aux rejets polluants des voitures, comme responsable chaque année de la mort de 4 876 personnes en France. Hier, à la réunion publique, le représentant du STIF démarrait sa présentation du projet en ces termes : « le projet s'inscrit dans le cadre du PDU qui a pour but de réduire la place faite à la voiture et de promouvoir les déplacements à vélo et à pied, et de contribuer à renforcer le maillage du secteur. »

Diminuer le trafic automobile doit être une priorité, c'est une question de santé publique et de participation à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Or nous nous trouvons face à un projet dont l'aménagement à Châtillon, outre son effet destructeur sur la qualité de vie des riverains (passage de 4 voies en tout à 6 voies en tout), a pour effet de favoriser le trafic automobile en laissant plus de place aux voitures. Il est pourtant fini le temps où l'on pouvait prétendre que laisser plus de place aux voitures a un effet décongestionnant : on sait que les voitures finissent toujours par prendre à très brève échéance la place qu'on leur laisse.

Au passage, la place réservée aux cyclistes, entre deux voies de voitures et le stationnement de celles-ci sera à coup sûr générateur d'accidents mortels.

Les commissaires enquêteurs devraient donc, dans leurs conclusions, porter des réserves, en recommandant que le tramway soit effectivement réalisé, mais à la condition que le projet démarre avec une diminution effective du trafic automobile par la restriction de la place faite aux voitures.

Une autre réserve devrait porter sur la capacité du tramway lui-même, tel qu'il est prévu (et indépendamment de la technologie choisie - pneu ou rail). Il semble en effet que les prévisions de la RATP sur la fréquentation du tramway soient sous-estimées, et que l'augmentation annuelle prévue pour cette fréquentation est de 1%. Beaucoup de personnes ont exprimé leur inquiétude à ce sujet. D'autres études semblent faire état d'une fréquentation de beaucoup supérieure dès le démarrage. En tout état de cause, l'application du protocole de Kyoto aura pour effet une augmentation annuelle de beaucoup supérieure à 1% pour la fréquentation, sans doute plutôt aux alentours de 5%. Il est donc extrêmement important, pour l'utilité publique du projet, que les études de fréquentations soient revues, et estimées avec une limite haute et non pas une limite basse. Si dans le futur, comme c'est logique et souhaitable, le tramway poursuit sur 2 kilomètres supplémentaires pour rejoindre le tramway parisien, la fréquentation augmentera encore, avec pour effet bénéfique de délester la ligne 13 qui elle est proche de la saturation. Vous aurez compris que l'arrêt de la ligne au métro de Châtillon sans prolongation vers Paris est une énorme déception de ce projet.

Pour finir, une troisième réserve doit porter sur la préservation des milieux naturels. Le tramway ne doit pas porter préjudice aux petites espèces animales qui doivent trouver un milieu continu, en zone urbaine comme en zone naturelle. Le tramway, son rail central d'alimentation/guidage ou autre, ne doivent pas constituer des pièges mortels pour les petites espèces. Ceci en conformité avec la charte sur la biodiversité signée en 2003 par la Région Île-de-France.

Châtillon, le 18 février 2005,