Association Cadre de Vie Châtillon Châtillon le 17 février 2005
35, rue Jean Jaurès
92320 CHATILLON
Projet de tramway Châtillon – Vélizy – Viroflay
Enquête d’utilité publique 17 janvier - 19 février 2005
OBSERVATIONS RELATIVES A LA VILLE DE CHATILLON
La mise en place d’un tramway est une solution de transport indispensable pour la partie sud-ouest de la région parisienne, particulièrement au moment où le Protocole de Kyoto entre en application.
Elle doit nécessairement s’accompagner de résultats positifs pour les riverains et les usagers concernés. Ce sont ces points essentiels que nous définissons comme des objectifs. Il est indispensable d’avoir la certitude de réaliser ces objectifs avant de lancer un tel investissement.
OBJECTIFS :
Améliorer le service de transport fourni aux usagers : meilleure desserte, trajets plus rapides, connexions optimisées.
Améliorer la sécurité sur le parcours, plus particulièrement des piétons (personnes mobilité réduite, handicapés…) et prendre en compte les déplacements des handicapés
Améliorer l’aspect urbain, en particulier maintenir les arbres existants,
Ne pas accentuer la coupure de la ville par le maintien du gabarit actuel,
Maintenir les places de stationnement dans les zones où elles sont actuellement
Créer les conditions de développement du commerce et des activités,
Diminuer significativement la pollution et les nuisances sonores,
Garantir le maintien de la bio-diversité sur l’ensemble du parcours,
Intégrer le nouveau tramway dans l’ensemble des transports actuels pour obtenir une diminution chiffrable de la circulation des voitures
Garantir la fiabilité et les capacités d’évolution tant du tramway que du métro.
A partir des informations relevées dans le dossier d’enquête lui-même, en précisant à chaque fois que cela est possible les pages concernées, nous avons analysé chacun des objectifs énoncés, particulièrement sur la ville de Châtillon
A_ AMÉLIORER LE SERVICE DE TRANSPORT FOURNI AUX USAGERS DES TRANSPORTS DE CHATILLON ET DES LIGNES SONCERNEES
- Le projet entraîne la suppression des arrêts de bus sur la D906 sur la commune de Châtillon:
8 arrêts actuels (Maison Blanche, Rosiers, Etienne Desforges, Paul Bert, Jean Pierre Timbaud, Général de Gaulle, Marceau, Division Leclerc)
remplacés par les 4 arrêts sur Châtillon: Etienne Desforges, Carrefour du 8 mai, Carrefour du Général de Gaulle, Division Leclerc
- La suppression des bus prévue diminue en fait le service pour les usagers de ces bus et rajoute une correspondance vers les communes amont et aval : Paris, Malakoff, Montrouge, Fontenay, Le Plessis, Chatenay :
La desserte de l’avenue de la Division Leclerc par le 195 est supprimée, ses usagers doivent rejoindre le tramway qui circule sur la partie ouest de la D906.
- Les trajets suivants comporteront un changement de moyen de transport pour aller de
Le Plessis au métro de Châtillon (ancien trajet du 195), correspondance à La Cavée.
Igny au métro de Châtillon (ancien trajet du 294) corresp. à Carrefour du 8 mai 1945.
Vélizy à Paris Porte d’Orléans (ancien trajet du 295) corresp. au terminus Châtillon-Montrouge
- Etude des lignes de bus P 207- P 407
194 Chatenay-Porte d’Orléans trajet modifié, passe par l’avenue de la République
195 Le Plessis - Métro Châtillon supprimé dans Châtillon, reprend à La Cavée vers Le Plessis
294 Igny- Métro Châtillon supprimé dans Châtillon, reprend au niveau de 8 mai 45 vers Igny
295 Vélizy- Port d’Orléans supprimée
- La tarification appliquée en dehors des cartes oranges est à revoir car le titre du tramway n’est pas valable pour le bus en cas de continuation de trajet et réciproquement.
- Le terminus à Châtillon-Montrouge représente une rupture de continuité pour les usagers qui doivent reprendre un bus pour aller à Paris à la Porte de Châtillon ou à la Porte d’Orléans.
Il est nécessaire de réaliser le prolongement vers le tramway des Maréchaux.
- Les aménagements indispensables pour un transfert rapide et confortable des usagers entre le tramway et le métro (escalator…) n’ont pas été prévus. L’objectif indiqué en page 7 : « améliorer l’accès aux grands pôles régionaux » n’est pas complètement pris en charge
Pour les châtillonnais et les usagers des lignes de bus concernées, le tramway compliquera et rallongera les trajets.
B- AMELIORER LA SECURITE ET PRENDRE EN COMPTE LES HANDICAPES
- L’élargissement de la RD906 à 30 mètres, 2 fois 2 voies de voitures + 2 voies de tramway dans la partie la plus urbanisée de Châtillon accentue la coupure de la ville et augmente les risques d’accidents.
- Il crée des difficultés supplémentaires pour les enfants, les handicapés et les personnes à mobilité réduite qui doivent traverser la RD906.
Problèmes identifiés à partir des informations de la Cellule Départementale d’Exploitation et de Sécurité sur la période 1998 – 2002 : 337 accidents dont 6 mortels
- piétons 22% des victimes, 4 tués sur le parcours total du tram, 2 à Châtillon
- deux roues : 36% des victimes, 2 tués sur le parcours total du tram, 1 à Châtillon
Sécurité
P 201 « La traversée de la RD906 est chose peu confortable pour les piétons »
« A Châtillon 7 traversées offrent une largeur supérieure à 12 mètres sans refuge central ».
Accidents :
P 196 : « Les sinistres les plus nombreux sont principalement localisés à Châtillon de l’origine du projet à la place de 8 mai 1945 »
« Les sections les plus accidentogènes de cet itinéraire sont sur la D906 et leur densité varie de 12,3 à 4,3. Elles sont situées ; par ordre décroissant : de la rue Marx Dormoy au rond-Point du 8 mai 1945 jusqu’au carrefour du Général de Gaulle »
P 196 et suivantes : les points noirs de la ville ont été identifiés sur la carte du trajet de la RD906
Question : Comment l’élargissement par l’ajout du tramway pourrait-il rendre la traversée plus sûre?
- Aucun aménagement de passage transversal n’est prévu ni pour la traversée des voitures ni des piétons aux croisements importants de la D906 à Châtillon :Stalingrad, Marcellin Berthelot, Saint-Exupéry, Etienne Desforges-Esther Cordier, carrefour du 8 mai, Jean-Pierre Timbaud, Rond-Point Charles De Gaulle
- L’étroitesse des trottoirs à certains endroits (1,50 mètres au niveau de la station Etienne Desforges, 1,60 et 1,65 au sud de la station; 1,60 au nord de l’avenue Amélie) est incompatible avec le passage des piétons, des voitures d’enfants et des fauteuils de handicapés dans un centre ville.
- Le transfert du tramway vers le métro reste totalement impossible pour les handicapés. On ne peut accepter ter un tel choix au moment où la prise en compte du handicap est devenu une priorité.
C- AMELIORER L’ASPECT URBAIN : IMPACT SUR LA VILLE DE CHATILLON
- La présentation de la ville de Châtillon qui est faite résume la situation sans complaisance :
P112 « l’espace public de la RD906 est en général dégradé et ne parvient pas à donner une cohérence positive au paysage urbain »
« L’avenue de Paris et l’avenue de Verdun dont l’urbanisation est plus récente ont du mal à se définir comme espace urbain ».
» en revanche la trame paysagère constituée par les plantations d’alignement de platanes est assez homogène dans l’avenue de Paris »
- L’élargissement de la RD906 à 6 voies (4 de voitures et 2 du tramway), les démolitions pour passer de 18 à 30 mètres et la suppression des contre-allées vont accentuer la coupure de la ville.
- L’abattage des platanes avec la disparition de certains d’entre eux qui ne seront pas replantés détruira la partie plus originale de Châtillon
P 349 : « Suppression des arbres : dans la séquence 1, sur 235, 99 seront conservés en l’état »
P348 « Square Jean Moulin : suppression d’une bande de 3 mètres »
- La diminution du stationnement sur la section 1 (partie comprise entre la rue Etienne Desforges et le carrefour du 8 mai) compliquera la vie des riverains et gênera l’activité des commerces.
P 400 « Bilan de l’offre : section 1-2 : -83 places, section 1-3 : -46 places
« La commune de Châtillon perd une partie de son offre de stationnement dans la partie comprise entre la rue Etienne Desforges et le carrefour du 8 mai. »
P 401 « la section 1 perd une partie de son offre de stationnement »
- Les conditions de l’expropriation pour les personnes concernées par l’alignement ne sont pas expliquées clairement de même que les conditions d’indemnisation.
- L’expropriation des contre-allées entraînant le rapprochement des voies de circulation et la suppression des arbres s’accompagnera d’une dégradation importante du mode de vie des riverains : stationnement compliqué, sortie directe sur le flux de circulation.
En dehors des principes, nous regrettons que les aménagements autour du tracé ne soient pas présentés dans le dossier d’enquête.
Nuisances et embouteillages seront très difficiles à vivre pendant la durée des travaux :- Les reports de circulation doivent être organisés dans le cadre d’un plan de circulation.
Il n’y a pas d’effet positif «arrivée du tramway » dans Châtillon.
D- IMPACT SUR LE COMMERCE
- Le projet supprimera des commerces.
P 11 : « A Châtillon, Clamart et Meudon, la réalisation du tramway nécessitera la démolition totale ou partielle de 16 commerces / activités …».
P331 « démolition : 6 bâtiments à usage d’activité ou de commerce, 5 bâtiments collectifs »
P 385 « - A Châtillon le projet nécessite pour sa réalisation la libération d’une emprise de 30 m environ se traduisant par l’acquisition et la démolition de constructions représentant 8 commerces et activités ».
- « une trentaine de commerces et activités seront partiellement touchées parce que les acquisitions concernent des éléments annexes »
- « ces acquisitions ne représentent pas en elle-même de risque de déséquilibre dans l’offre commerciale »
- Le déplacement de l’arrêt actuel Paul Bert vers l’arrêt Carrefour du 8 mai va décaler la clientèle actuelle des commerces de proximité qui descendra à l’arrêt situé au-delà du carrefour.
- La suppression des contre-allées et des places de stationnement indiqué précédemment créera des difficultés pour les commerces concernés.
- L’impact sur le commerce pendant la durée des travaux est simplement évoqué :
P 385 : « Les chantiers entraîneront immanquablement des nuisances pour les commerçants présents le long du tracé »
« Pendant les travaux les conditions de desserte et de stationnement du secteur situé à proximité immédiate de la RD906 seront perturbées »
L’appréciation des indemnisations éventuelles n’a pas été précisée.
Les conditions ne sont pas réunies pour permettre de développer le commerce de proximité de Châtillon, au contraire il sera affecté par le nouveau contexte de la RD906.
E- DIMINUER SIGNIFICATIVEMENT LA POLLUTION ET LES NUISANCES SONORES
- Le rapprochement des voies de circulation des immeubles et la suppression des arbres entraîneront une augmentation des nuisances de bruit et de pollution pour les riverains.
P 9 « la majorité des habitations riveraines de la RD906 est soumise à des niveaux sonores correspondant selon la réglementation à des points noirs de bruit’ »
P 12 Un tel niveau sera dépassé pour un pavillon implanté sur l’avenue de Paris à Châtillon.
- Analyse des bruits page 212 à 216
P 216 « l’ensemble des habitations situées à proximité de la RD906 est exposé à des niveaux sonores supérieurs à 65 db… On observe pour la grande majorité d’entre elles des niveaux supérieurs à 70 db ; : Il s’agit de points noirs du bruit «
Châtillon est aujourd’hui la plus exposée aux bruits »
Des ruptures de flux sont crées :
l’entrée sud de Châtillon prévoit 1 file de voitures dans chaque sens, la traversée de la ville prévoit 2 files de voitures dans chaque sens., la sortie débouche, après le métro, entre Montrouge et Malakoff sur 1 file de voitures dans chaque sens.
Une difficulté ponctuelle compliquera la circulation :
l’accès du tramway au terminus (une entrée et une sortie toutes les 3 minutes aux heures de pointe) coupe les 3 files de voitures qui vont vers Paris.
P 394 : « le flux province-Paris intercepté par la traversée du tramway, est préservé par la création de 3 files de stockage en amont de l’intersection »
Aucun traitement des points noirs n’est prévu, de nouvelles difficultés sont crées
F- GARANTIR LE MAINTIEN DE LA BIO-DIVERSITE
L’étude d’impact n’aborde pas les conséquences sur la petite faune, la microfaune et la flore, alors même que la technique de guidage par rail crée un obstacle totalement infranchissable pour bon nombre d’espèces de la petite faune terrestre.
D’une façon générale, le projet ne prend nullement en compte les continuités biologiques sur l’ensemble de la ligne, ce qui est en contradiction absolue avec la Charte Régionale de la biodiversité qui prévoit, en particulier, de favoriser la protection et la restauration de la nature sauvage, y compris en ville.
Sont concernés les Espaces Boisés Classés (EBC) cités dans le dossier : sur Malakoff, Montrouge, Châtillon, Clamart, le bois Masson à Verrières et la forêt de Meudon.
Il faut souligner que le projet actuellement prévu, aboutirait à isoler biologiquement une portion de la forêt de Meudon d’environ 200 ha (côté Viroflay).
La Région Ile de France a adopté en 2004 une Charte Régionale de la Biodiversité où il est mentionné que tous les nouveaux projets subventionnés doivent s’inscrire dans les objectifs de cette charte. Ils doivent contribuer à la connaissance, à la préservation et à la gestion des divers milieux naturels franciliens (villes, forêts, friches, milieux humides, pelouses,…). Ils doivent avoir un intérêt régional.
La Région Ile de France a décidé de financer, dès 2005, la restauration des continuités biologiques interrompues par des infrastructures de transport existantes.
Il serait alors incompréhensible que ces questions ne soient pas prises en compte pour le projet du tramway, dès sa conception.
Au contraire, ce serait là, une occasion d’améliorer autant que faire se peut les continuités biologiques par une insertion douce et réfléchie du projet dans le milieu naturel et urbain.
G- INTEGRATION DANS L’ENSEMBLE DES TRANSPORTS
- Le Petit-Clamart où arrivent les voitures des autoroutes A118 et A86 n’est pas desservi par le tramway, donc les voitures continueront leur trajet sur la D906.
- Aucune desserte nouvelle n’est prévue pour toute la zone qui part du Petit-Clamart et va de Guyancourt à Vauhallan en passant par Saclay où le seul moyen de transport reste la voiture.
- Il n’est pas prévu de parking de dissuasion pour permettre aux usagers qui souhaitent emprunter le tramway de laisser leur voiture en cours de route.
- Les mesures relatives à la diminution du trafic automobile n’ont pas été étudiées précisément et il n’a pas été fixé de prévision chiffrée alors qu’il s’agit de l’enjeu majeur.
- Les possibilités d’évolutions futures en terme de volume et de raccordements n’ont pas été présentées dans l’étude, en sachant que la ligne de métro N° 13 est actuellement proche de la saturation. Au cours de la réunion publique du 9 février à Clamart il a d’ailleurs été précisé par un des responsables du projet « qu’il ne fallait pas ramener trop de monde à Châtillon-Montrouge »
- Le choix du matériel a été simplement décrit en 2 pages sans fournir aucun détail sur la partie technique. Il n’a pas été fait part de l’expérience acquise sur ce type de matériel ni des sites où il fonctionne pour permettre d’apprécier son exploitation.
Il est évident que nous ne pourrions envisager un matériel non éprouvé.
- La cohérence et la continuité avec les réseaux existants n’a pas été étudiée. A priori la technique du pneu avec rail de guidage est totalement spécifique.
- Le coût estimé de l’opération ( Page 7 : 206 M€ - 1350 MF) n’a pas été comparé avec celui d’autres solutions telles que l’aménagement des couloirs de bus et la mise en place de bus articulés ou la réalisation d’un trolleybus.
Conclusion :
Le projet de tramway tel qu’il est présenté ne répond pas à l’ensemble des objectifs définis, en conséquence il est inacceptable.
Compte-tenu de l’enjeu pour toute la région concernée il doit être revu, corrigé et modifié.
Des solutions nouvelles doivent être présentées le plus rapidement possible pour ne pas retarder sa réalisation.
Pour l’Association Cadre de Vie Châtillon.
Roger Le Du