Par ordre chronologique inverse :
Le collège Guy - Môquet ne veut pas de caméras
(Le Parisien , lundi 12 janvier 2004)
La promesse de placer sous vidéosurveillance tous les collèges des Hauts-de-Seine ne fait pas que des heureux. Dans une lettre datée du 8 décembre, une grande partie de l'équipe éducative du collège Guy-Môquet, dans la cité du Luth, à Gennevilliers, sollicite le président du conseil général, Charles Pasqua, afin qu'il revienne sur sa décision d'installer des caméras à Guy-Môquet, mais plutôt de consacrer les 122 000 EUR "à des dépenses dont bénéficieraient réellement nos élèves", par exemple, "des achats des livres en double, des heures de soutien individualisées, des activités culturelles, des voyages....". "Les habitants de là cité où nous travaillons subissent de plein fouet le chômage, la précarité, les petits boulots jetables, détaillent les 56 signataires de la lettre. Dans les conditions de vie extrêmement difficiles qu'ils connaissent, l'école doit leur rester ouverte et ne pas apparaître comme une prison avec des caméras, et pourquoi pas bientôt avec ses barbelés et miradors ?
(....) Un collège barricadé, transformé en ghetto, ne ferait qu'aggraver les difficultés déjà grandes que connaît notre équipe éducative". Cette même lettre doit être distribuée prochainement aux familles.
Les Elus mettent la pression
(Le Parisien , vendredi 10 octobre 2003)
À
Clichy, la sécurité est devenue en l'espace de quelques semaines le principal cheval de bataille des politiques. L'opération de sécurisation et de contrôle menée par la police hier soir illustre l'attention soutenue portée actuellement sur le dossier. En visite le 1er octobre, notamment dans la cité Sanzillon, Nicolas Sarkozy avait fait savoir qu'il avait "donné des instructions" aux autorités départementales et assuré que les CRS resteraient dans la commune "tant que le calme ne serait pas durablement revenu". Le retour au calme, tous semblent l'attendre avec impatience, à voir la pléiade de déclarations et tracts, émanant tant du maire (PS) que de ses opposants de droite suite aux rixes, fusillade et incendies de voitures que la ville a connu ces dernières semaines."
Sachez que nous sommes déterminés à tout faire pour restaurer la tranquillité villageoise", lançait Gilles Catoire devant le ministre, le 1er octobre. Vidéosurveillance comprise, puisqu'un projet est à l'étude. Un sujet cher à la droite. Rémi Muzeau et Patrice Pinard (UMP) pétitionnent d'ailleurs pour la tenue d'un référendum sur l'installation d'un tel dispositif. Et rappellent qu'en mars 2001, ce sujet alimentait déjà leur campagne municipale.
Seuls les Verts affichent aujourd'hui publiquement leurs réticences.
L'élu Vert contre la vidéo-surveillance
(Le Parisien, jeudi 9 octobre 2003)
Seul contre tous,
Vincent Gazeilles, unique élu vert du conseil général, continue à se battre contre la vidéosurveillance. L'élu de Clamart vient d'
écrire à tous les principaux et équipes enseignantes des collèges de la commune ainsi qu'aux fédérations de parents d'élèves pour les informer de la prochaine généralisation du système aux abords de tous les collèges du
département. Et le seul élu à avoir voté contre en commission permanente d'égrener ses griefs : "Une atteinte aux libertés individuelles (...). Un coût pour la collectivité de plusieurs millions d'euros qui n'est pas basé sur une efficacité démontrée. Un marché juteux pour quelques sociétés en embuscade. Des investissements importants qui n'iront pas dans des choix
plus utiles aux collèges, moyens humains notamment. Une mystification de la réalité laissant croire que la technologie est la clé de la sécurité dans les lieux publics."
"Notre société à plus que jamais besoin de recréer le lien social", ajoute
Vincent Gazeilles, qui appelle ses interlocuteurs à "voter contre ce projet coûteux et inefficace dans les conseils d'administration".